Aussi plutôt que d'attendre que les ténèbres envahissent son esprit, il préférait les devancer : libérer sa mémoire pour ne plus craindre qu'elle disparaisse dans l'obscurité, comme des mots se diluant dans une tache d'encre, retournant aux profondeurs brutes de l'encrier.
Pour la première fois de sa vie, il voulait constituer un livre, une copie fidèle de son cahier intérieur, parce que son obstination cédait devant sa crainte d'une perte bien plus essentielle.
Ainsi se préparait-il au vide en faisant dès aujourd'hui le vide en lui. Place nette.
Pour cesser d'avoir peur d'oublier. Pour s'enfoncer un jour dans le silence, l'esprit en paix.
Extrait de Les Constellations du hasard de Valérie Boronad
Qui est vraiment le Héros?
Titre sélectionné 22e Festival du 1er roman de Chambéry