Militant contre la peine capitale au Texas, le docteur David Gale, un professeur d'université, se retrouve à tort condamné à mort pour le viol et le meurtre de l'activiste Constance Harraway. Dans sa cellule, il reçoit Elizabeth Bloom, une journaliste qui mettra tout en oeuvre pour prouver son innocence. Mais y parviendra-t-elle ?

La Vie de David Gale réalisé par Alan Parker

Tout n'est qu'apparence, non?
[Alberto Giacometti]


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# Posté le vendredi 11 septembre 2009 15:25

Modifié le vendredi 11 septembre 2009 17:02

J'aime la vie quand elle rime à quelque chose
J'aime les épines quand elles riment avec la rose
J'aimerais même la mort si j'en sais la cause

J'aime ma chanson quand elle rime avec ta bouche
Comme les ponts de Paris avec bateau-mouche
Et la perle des pleurs avec l'½il des biches

J'aime les manèges quand ils riment avec la neige
J'aime les nains qui riment avec Blanche-Neige
Rimons rimons tous les deux
Rimons rimons si tu veux
Même si c'est pas des rimes riches
Arrimons-nous on s'en fiche

J'aime la vie quand elle rime à quelque chose
J'aime les épines quand elles riment avec la rose
Rimons rimons belle dame
Rimons rimons jusqu'à l'âme
Et que ma poésie
Rime à ta peau aussi


Rimes de Claude Nougaro

# Posté le mercredi 09 septembre 2009 09:15

Treize réverbères à gauche. Traverser un passage pour piétons de huit bandes. Quinze réverbères à droite. Traverser un passage pour piétons de sept bandes. Seize réverbères à droite. L'arrêt de bus.

L'important, c'est que, ce soir, elle était la seule à pouvoir dessiner un sourire sur le masque de mélancolie de Ben.

Avoir des sentiments et ne pas se laisser envahir par ses sentiments, ce sont deux choses différentes.

Tout ceci avait fait d'elle une femme triste, mais forte.

La gare était là, comme d'habitude, comme toutes les gares dans toutes les villes. Un endroit nivelé, une cicatrice dans la ville. Un lieu où rien ne pousse, où personne ne va sans avoir une raison bien précise. Un espace que tout le monde souhaite quitter le plus vite possible. Une masse de béton grise et grimaçante où règne un froid glacial qui transperce les vêtements même pendant les plus chaudes journées d'été.

Ben ressemblait à un personnage de dessin animé qui, après s'être ramassé un marteau de forgeron sur la tête, réfléchit encore une seconde, puis se brise en milles morceaux.

De nos jours, les princesses peuvent aussi sauver les héros.

Il avait peut-être besoin d'autre chose : de quelqu'un qui se fasse du souci pour lui sans grande théorie ni grande stratégie et qui lui donne un bon coup de fouet.

Mort de moi
Et par peur de l'autre

Nul besoin de pleurer pour souffrir
Ni de parler pour avoir quelque chose à dire

Il avait enfin découvert une langue où les mots ne servaient à rien, contrairement à celles des hommes. Il avait toujours été comme ça. Ses yeux, ses oreilles et son corps lui avaient toujours permis de comprendre et de sentir les choses de manière égales. [...] les mots n'étaient rien.

Le comprendre, tout simplement. Il ne voulait pas guérir.

Je n'ai jamais été heureux, mais je n'ai jamais été aussi heureux.

Extrait de Ben X de Nic Balthazar

# Posté le mercredi 09 septembre 2009 08:48

Il fut embarrassé, comme s'il était gênant qu'elle ne fût plus ce qu'elle avait été jadis et avait promis de rester.

Pendant combien de temps réussit-on à aller ainsi contre ce qu'on souhaiterait? Et si on y arrive -est-ce qu'on n'est pas déjà plus qu'à moitié mort?

C'était la gaieté des simples et l'aisance de ces heureux mortels qui se sentent chez eux en ce monde sans avoir à travailler pour cela.

Mais elle ne détourna pas le regard de son reflet. Elle eut pitié de cette femme qu'elle était, toujours trop coincée pour être tout à fait présente là où elle était. Sauf dans sa maison -elle en eut la nostalgie, tout en ayant un peu honte de ce maigre bonheur domestique à base de chats et de livres. Elle s'adressa un sourire de pitié.

Je crois que toute vie que tu vis dans le moment, sans être en pensées quelque part ailleurs, est bonne.

Dans ces nuits d'insomnie, nous allumons la télévision ou prenons un livre pour qu'au moins, sans dormir pour autant, nos yeux se ferment sur la page ou l'écran, nous évitant d'être à nouveau victimes des idées stupides, de la désespérance et de la tristesse.

Pas besoin d'aller au loin, il y a tout ici.

Est-ce qu'elles veillaient la nuit, les corneilles, et se disputaient?

En se tenant ainsi à l'écart, devenait-elle incapable de sentir ce que ressentaient les autres?

Elle détestait la mélancolie quand celle-ci lui collait une dépression. Mais la plupart du temps elle adorait la mélancolie. Elle la croyait même capable de guérir les gens. Celui qui se perd à contempler le ciel haut et le vaste pays vide perd aussi ce dont il souffre.

Oui elle était une étrangère, ici -cela s'accordait bien avec son humeur.

Car tout aussi bien je suis capable, face aux gens, d'éprouver une telle froidure que, si j'avais un pistolet-mitrailleur et si je en redoutais pas les désagréments des tribunaux et des prisons, je les abattrais tous.

Tous te veulent du bien, mais ils te rabaissent. Ils trahissent ce que tu as de grand. Si tu fais ce qu'ils te disent, ta vie n'aura été rien, et tu n'es plus personne.

Tu estimes que tous ceux dont les espoirs ne sont pas réalisés ne sont rien? Alors, il n'en reste pas beaucoup qui soient quelque chose. Je ne connais personne dont la vie soit devenue telle qu'il la rêvait.

Ce qui ne convient pas à ton souvenir, tu l'oublies, et ce qui manque dans ton souvenir, tu l'inventes.

[...] le malheur se transmet et se perpétue.

[...] je ne savais pas que la rage pouvait faire aussi mal que la souffrance.

Ils s'endormirent dans une maison de pluie.

Et elle parla de voir et de comprendre. Qui nous sommes : si nous le voyons et le comprenons, nous avons la chance de pouvoir le surmonter. Sinon, nous en restons prisonniers. C'est pourquoi nous n'avons pas le droit d'imposer la vérité à autrui. Tous autant que nous sommes, quand des vérités sont trop douloureuses et que nous ne sommes pas de taille, nous avons des mensonges qui entachent notre vie, et il faut chez autrui voir et respecter la vérité des douleurs qui révèlent ces mensonges. Mais ces mensonges ne font pas que révéler les douleurs, ils en créent aussi. De même qu'ils nous empêchent de nous voir tels que nous sommes, ils peuvent aussi nous empêcher de voir l'autre et de nous montrer à lui. La lutte pour la vérité, la nôtre et celle d'autrui, est parfois indispensable.

Extraits de Le Week-end de Bernhard Schlink

Ce roman a provoqué chez moi une réaction paradoxale : d'un côté une envie irrésistible de poursuivre l'histoire, de l'autre, s'en détacher au plus vite. L'amitié est un des thèmes central, il est celui qui fut le plus en relief durant ma lecture. L'amitié et surtout le temps qui passe, ce temps qui creuse des fossés entre les gens, des gens de plus en plus différents qui n'arrivent plus à comprendre l'autre, ses choix, ses vérités. Le passé. Comment vivre avec alors qu'il tâche notre futur? Comment oublier ou du moins ne plus y penser? Comment se débarrasser de cette sensation d'erreur?

Les questions sont faites pour être posées.

[Jacques Rigaut]

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# Posté le dimanche 06 septembre 2009 11:00

Modifié le lundi 07 septembre 2009 10:05

Rien n'est jamais acquis à l'homme, ni sa force
Ni sa faiblesse, ni son coeur ; et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n'y a pas d'amour heureux

Sa vie, elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désarmés incertains
Dites ces mots ; ma vie, et retenez vos larmes
Il n'y a pas d'amour heureux

Mon bel amour, mon cher amour, ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi ces mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n'y a pas d'amour heureux

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n'y a pas d'amour heureux

Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs
Il n'y a pas d'amour heureux
Mais c'est notre amour à tous les deux


[Louis Aragon]

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# Posté le vendredi 04 septembre 2009 16:30